| Emprunts, impôts, dettes... quelles sont les limites de la solidarité financière entre époux ? |
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Quel que soit leur régime matrimonial, tous les époux sont soumis à un tronc commun de règles obligatoires qui assurent à chacun une indépendance minimale mais imposent néanmoins un minimum de solidarité matérielle et financière. Les deux membres du couple doivent à ce titre contribuer aux dépenses de la famille et payer les dettes domestiques. Participation conjointe aux dépenses familiales Dans tous les régimes matrimoniaux, les époux se doivent mutuellement secours et doivent contribuer aux charges du mariage. L'obligation de contribuer aux charges du mariage se distingue du devoir de secours en ce qu'elle est déconnectée d'un état de besoin. Son objet est également plus large que celui du devoir de secours puisqu'elle couvre l'ensemble des dépenses entraînées par le train de vie habituel de la famille. Ainsi, les charges du mariage comprennent-elles :
L'obligation de contribuer aux charges du mariage dure aussi longtemps que le mariage. Un époux ne peut pas se dispenser de contribution. Il appartient au conjoint qui refuse de contribuer aux charges du mariage de rapporter la preuve des circonstances qui l'en dispensent. A défaut de convention particulière, les époux sont tenus de contribuer aux charges du mariage à hauteur de leurs facultés respectives. Celles-ci sont déterminées en fonction :
La contribution aux dépenses familiales peut être acquittée en argent, mais elle peut aussi être fournie en nature. Par exemple, contribue valablement aux charges du mariage :
Si l'un des conjoints refuse de contribuer aux charges du ménage, ce qui est souvent le cas en cas de séparation de fait, l’époux resté seul peut bien entendu demander le divorce pour faute. Il peut également saisir le juge aux affaires familiales de son domicile pour lui demander de fixer le montant de la contribution due par son conjoint Paiement solidaire des dettes ménagères Les dettes ménagères représentent un domaine plus restreint que les charges du mariage évoquées précédemment. Elles ont pour objet l’entretien du ménage ou l’éducation des enfants et elles engagent toujours les deux époux, même si seul l’un d’entre eux les a faites. Quel que soit le régime matrimonial choisi par les époux, chacun d'eux peut effectivement passer seul les contrats qui ont pour objet l'entretien du ménage ou l'éducation des enfants.
Pour ces dettes qualifiées de ménagères, les époux sont donc solidairement tenus de payer le créancier, qui peut ainsi réclamer l’intégralité de ce qui lui est dû à l’un ou l’autre des époux et exercer des poursuites sur tous les biens du couple même sur les biens propres ou personnels de chaque époux. Sont ainsi concernées :
A l'inverse, ne constituent pas des dettes ménagères :
Cependant, il existe des exceptions à cette solidarité ménagère. En effet, trois catégories de dettes n’engagent pas solidairement les deux époux, quand bien même elles ont pour objet l'entretien du ménage ou l'éducation des enfants :
Solidarité fiscale des époux Quel que soit leur régime matrimonial, les époux sont solidairement responsables du paiement des impôts dès lors qu'ils font l'objet d'une imposition commune. Cette solidarité s'impose pour le paiement de l’impôt sur le revenu et l’impôt de solidarité sur la fortune. La même obligation solidaire s'applique en matière de taxe d’habitation, mais uniquement si les époux vivent ensemble. En revanche, en l'absence de texte la prévoyant, il n'y a pas de solidarité des époux pour le paiement des prélèvements sociaux afférents aux revenus de l'un d'entre eux.
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