| Le micro-entrepreneur "nouveau" arrive |
|
La loi Pinel du 18 juin 2014 relative à l'artisanat, au commerce et aux très petites entreprises organise la fusion, d'ici au 1er janvier 2016, des deux dispositifs - auto-entreprise et micro-entreprise - qui permettent actuellement de bénéficier d'un environnement fiscal, social et juridique simplifié pour démarrer un projet entrepreneurial. La fusion répond à une logique de cohérence. Elle vise également à apporter une réponse aux professionnels - aux artisans principalement - qui reprochaient au dispositif de l'auto-entreprise de favoriser une concurrence déloyale. Le concept d'auto-entreprise est certes abandonné, mais quelques unes de ses principales dispositions ont été reprises dans un environnement unique de droit commun : la micro-entreprise. La micro-entreprise : 3 conditions initiales Le développement d'une activité sous le statut de la micro-entreprise nécessite en premier lieu de réunir les trois conditions suivantes :
Les seuils de chiffre d'affaires sont désormais actualisés tous les 3 ans. Le prochain relèvement aura lieu le 1er janvier 2017. La micro-entreprise doit être immatriculée
Qu'elle génère une activité à temps plein ou un simple complément de revenus, la micro-entreprise doit être immatriculée, selon sa nature, au registre du commerce et des sociétés (RCS) ou au répertoire des métiers (RM). L'immatriculation est effectuée auprès d'un centre de formalités des entreprises (liste disponible sur le site www.guichet-entreprises.fr). Le CFE est l'interlocuteur unique qui centralise les informations nécessaires à l'enregistrement de l'entreprise. Le dossier qu'il constitue vaut déclaration pour les autres organismes concernés par la création d'activité : caisses de protection sociale, centre des impôts, INSEE, etc. Contrairement aux autres types d'entreprise, l'immatriculation sous le statut de la micro-entreprise est gratuite. À compter du 1er janvier 2016, la déclaration d'activité devra être effectuée uniquement en ligne. De l'immatriculation découle, pour l'artisan, l'obligation de suivre un stage de préparation à l'installation, dont le coût est d'un peu plus de 200 €. Le stage est facultatif pour le commerçant et le professionnel libéral. Un cadre fiscal et social simplifié pour démarrer une activité Dès lors que les conditions initiales de la micro-entreprise sont remplies, l'entrepreneur bénéficie de fait d'un mode simplifié de prélèvement des charges sociales et des impôts.
Sur le plan fiscal, le micro-entrepreneur est un entrepreneur individuel soumis à l'impôt sur le revenu :
Le régime micro-fiscal - micro-BIC ou micro-BNC - qui lui est ouvert compte tenu du volume d'activité le dispense d'établir une déclaration spécifique pour ses résultats. Il lui suffit de porter le montant annuel brut de son chiffre d'affaires ou de ses recettes dans la déclaration complémentaire de revenu (n° 2042-C Pro). Le bénéfice net imposable est déterminé automatiquement par l'administration après application d'un abattement forfaitaire représentatif de l'ensemble des frais professionnels. Dans ce cadre, le micro-entrepreneur ne peut donc opérer aucune autre imputation pour charge ou déficit. L'abattement est fixé à 71 % pour les activités d'achat-revente ou de fourniture de logement, 50 % pour les autres activités relevant des BIC, et 34 % pour les activités relevant des BNC. L'abattement est au minimum de 305 €. Le bénéfice ainsi établi est ajouté aux éventuels autres revenus du micro-entrepreneur. L'ensemble est ensuite soumis au barème de l'impôt sur le revenu. Cependant, le micro-entrepreneur faiblement imposé peut désormais bénéficier d'un mode de prélèvement de la contribution fiscale encore plus simplifié en optant pour un versement libératoire. L'option, héritée du dispositif de l'auto-entreprise, permet de payer en même temps que les cotisations sociales, chaque mois ou chaque trimestre, un pourcentage du chiffre d'affaires ou des recettes. Autrement dit, l'impôt est payé sur le chiffre d'affaires, non sur le bénéfice ; pas de chiffre d'affaires, pas d'impôt à payer.
L'option pour le prélèvement libératoire peut être demandée lors de la création de l'entreprise ou, par la suite, avant le 31 décembre de chaque année civile. Elle est soumise à une condition de revenu (voir encadré). Le taux du prélèvement fiscal libératoire est de :
Le prélèvement libératoire ne dispense pas le micro-entrepreneur de reporter le montant de son chiffre d'affaires annuel ou des recettes dans la déclaration annuelle des revenus. Enfin, rappelons que rien n'empêche le micro-entrepreneur d'opter pour un régime réel d'imposition, qui lui permettra de déduire l'ensemble de ses charges. L'option doit être exercée avant le 1er février de la première année au titre de laquelle le contribuable souhaite bénéficier de ce régime. Cependant, la conséquence de cette option pour un régime réel d'imposition est la perte de la qualification de micro-entrepreneur, même si, en pratique, l'activité de l'entreprise reste modeste.
Le micro-entrepreneur bénéficie d'une dispense de déclaration et de paiement de la TVA sur les prestations qu'il réalise. De ce fait, il ne peut pas faire apparaître la TVA sur ses factures et la TVA qu'il paie lors des achats auprès de ses fournisseurs ne peut pas être récupérée. De même que si le micro-entrepreneur vend à des entreprises, ces dernières ne pourront pas récupérer la TVA.
Le micro-entrepreneur est redevable de la contribution économique territoriale (CET), plus précisément de l'une de ses composantes, la cotisation foncière des entreprises (CFE), selon le régime commun. Elle doit donc être acquittée dès la 2e année d'activité. Certaines activités bénéficient toutefois d'une exonération permanente. Il existe également des exonérations facultatives liées à l'implantation géographique de l'entreprise.
Hérité de l'auto-entreprise, le dispositif de paiement simplifié des cotisations sociales, dit "micro-social", devient la norme, sans démarche particulière, pour la quasi-totalité des micro-entrepreneurs. En effet, parmi les professionnels libéraux, seuls ceux affiliés à la CIPAV peuvent pour le moment y être soumis. L'extension du régime micro-social aux libéraux relevant des professions réglementées (santé, chiffre et droit, etc.) est subordonnée à la parution de décrets non encore publiés à ce jour. Ces derniers restent donc encore, pour leurs cotisations sociales, soumis aux règles de droit commun : base forfaitaire de calcul durant les premières années d'activité, puis application des taux de cotisation réels pour chaque branche de protection. Dans le cadre du micro-social, les cotisations et contributions sociales sont calculées, mensuellement ou trimestriellement, en appliquant au montant du chiffre d'affaires ou des recettes un taux forfaitaire. Comme pour le prélèvement libératoire de l'impôt sur le revenu, le micro-entrepreneur ne paie rien s'il déclare un chiffre d'affaires égal à zéro. En 2016, le taux du prélèvement forfaitaire social sera égal à 13,4 % pour les activités de vente de marchandises (13,3 % en 2015), 23,1 % pour les prestations de services soumises aux BIC (22,9 % en 2015) et 22,9 % pour les activités libérales (taux équivalent en 2015). Le prélèvement forfaitaire opéré au titre du micro-social inclut les principales charges sociales obligatoires (maladie, maternité, allocations familiales, assurance vieillesse, etc.), ainsi que la CSG et la CRDS. En revanche, il convient d'y ajouter la contribution au titre de la formation professionnelle dont le taux pour le micro-entrepreneur est spécifique :
Les micro-entrepreneurs sont tenus d'effectuer la déclaration et le paiement des cotisations sociales par voie dématérialisée lorsque le chiffre d'affaires de l'année précédente dépasse 41 100 € pour les activités de commerce et les prestations d'hébergement et 16 450 € pour les activités de prestations de services.
La taxe pour frais de chambre est une taxe additionnelle à la cotisation foncière des entreprises. Les auto-entrepreneurs en ont été exonérés jusqu'en 2014. Le micro-entrepreneur, lui, y est assujetti, et, dès lors qu'il relève du régime micro-social, la taxation est spécifique et recouvrée en même temps que les cotisations sociales. Le taux de la taxe pour frais de chambre de commerce est égal à :
Le taux de la taxe pour frais de chambre des métiers est égal à :
Les personnes exerçant une activité libérale ne sont pas concernées par ces taxes. En résumé... Les taux des contributions prélevées sur le chiffre d'affaires ou les recettes d'un micro-entrepreneur soumis au micro-social et au prélèvement libératoire de l'IR sont les suivants pour 2016 :
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Copyright Patrimoine.com - novembre 2015 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||