Faut-il souscrire un contrat GAV (garantie des accidents de la vie) ?

Les accidents domestiques font plus de victimes que les accidents de la circulation et, la plupart du temps, il n'y a pas de responsable, car la victime s'est blessée toute seule. C'est dans cette optique que les assureurs ont mis au point les contrats "garantie des accidents de la vie" (communément appelés GAV). Ce type de contrats multirisques permet aux familles assurées de disposer d'une protection pour tous les actes de la vie quotidienne. La victime est indemnisée, quelle que soit la cause de l'accident et avant toute recherche de responsabilité.

Types d'accidents Nombre de victimes
Accidents de la vie courante (1) 2 000 000 de chutes chez les personnes de plus de 65 ans
400 000 brûlures
600 000 morsures de chien
20 000 décès
Accidents professionnels (2) 668 600 accidents
42 200 incapacités permanentes, dont 13 700 avec un taux supérieur à 10 %
549 décès
Agressions (3) 467 800 faits constatés d'atteinte volontaires à l'intégrité physique dont moins de 2 000 ayant entraîné la mort
Accidents de la circulation (4)

74 400 accidents corporels
4 100 décès immédiats + 4 400 décès à 30 jours
94 000 personnes blessées dont 34 500 personnes hospitalisées

Sources :
(1) Institut de Veille Sanitaire - BEH - juillet 2011 (chiffres 2008) + autres données
(2) CNAMTS - statistiques 2010 de la branche AT-MP - mai 2011
(3) Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice - rapport 2010 (chiffres 2009)
(4) Sécurité routière-ONISR - les chiffres-clés de l'année 2009


Logo GAVPour aider à la diffusion de ce produit et sensibiliser les familles, la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA) a mis en place un label et une charte engageant les assureurs signataires. L'ensemble impose aux assureurs qui s'y réfèrent d'offrir un certain nombre de garanties de base et de respecter des règles de fonctionnement définies d'un commun accord. A ce contrat de base peuvent néanmoins s'ajouter des garanties complémentaires.


Les contrats GAV en chiffres
  • 3,1 millions de contrats souscrits, soit 6,2 millions de personnes assurées
  • total des cotisations : 503 millions d'€
  • cotisation moyenne (tous types de contrats confondus) : 160 €
  • indemnisation moyenne : 5 700 €
Source : FFSA (données à fin 2009)

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Les "plus" d'un contrat GAV

Quelles différences entre la GAV et...
  • les prestations de la Sécurité sociale contre les accidents : l'assurance maladie a pour seule mission de prendre en charge tout ou partie des frais médicaux et des médicaments ; les indemnités versées en cas d'incapacité temporaire (ou même encore l'allocation aux adultes handicapés) sont généralement octroyées après un processus long de prise en compte de l'invalidité, leur montant est faible et/ou plafonné (de 10 605 à 30 398 € selon le degré d'invalidité ; 727,61 € pour le montant mensuel minimum de l'AAH) et il ne prend pas en compte le préjudice moral ou économique ;
  • une assurance complémentaire santé : cette dernière complète le remboursement des frais de soins et éventuellement les pertes temporaires de salaires qui ne sont pas intégralement prises en charge par la Sécurité Sociale, mais elle ne prend pas en charge les conséquences durables sur la vie de l'assuré et de sa famille ;
  • une assurance individuelle accidents : cette dernière prévoit généralement des indemnisations forfaitaires et a plutôt comme objectif de permettre au foyer de faire face à des exigences plus ponctuelles, alors que la GAV permet de maintenir le niveau de vie de la famille ;
  • une garantie conducteur : il s'agit d'une garantie de nature quasi-identique mais limitée aux sinistres survenus au cours d'un accident de la circulation. La garantie du conducteur prévoit l'indemnisation de l'assuré en évaluant les préjudices selon la règle du droit commun de la responsabilité civile.

La garantie des accidents de la vie répond à un paradoxe mis en avant par les assureurs, à savoir que les biens (voiture, logement) sont souvent mieux assurés que les dommages survenus aux personnes. Cela signifie-t-il pour autant qu'il n'existe pas de couverture pour protéger la famille contre les accidents de la vie courante ? La réponse est non, mais les assurances existantes protègent souvent mal l'ensemble de la famille et les dédommagements accordés ne sont donc pas toujours d'un grand secours.

Avant de souscrire un contrat GAV, il n'est donc pas inutile de faire l'inventaire, risque par risque, des couvertures dont bénéficie la famille (Sécurité sociale, complémentaires santé, assurances décès purs, assurance scolaire, multirisque habitation, assurance sportive, assurances décès ou invalidité liées à la carte bancaire ou au compte bancaire, etc.). Toutes n'offrent évidemment pas les mêmes garanties, toutes ne protègent pas non plus forcément l'ensemble des personnes du foyer familial. En outre, selon le type d'accident, l'assuré n'est pas indemnisé de la même manière, à préjudice identique.

Innovation majeure mise en avant : la prise en compte du préjudice économique et moral

Les régimes sociaux obligatoires prennent en charge, sous certaines limites, les frais médicaux et/ou d’hospitalisation. Ils versent également des indemnités journalières en cas d’arrêt de travail temporaire. Des assurances complémentaires santé peuvent compléter ces remboursements.

Mais qu'il s'agisse des régimes sociaux ou de contrats individuels accidents (ex : assurance liée à la pratique d'un sport), il n’est jamais tenu compte des conséquences durables de l’accident sur la vie d’une famille. Or, celles-ci peuvent être catastrophiques : effets sur la vie professionnelle, effets sur le niveau de vie de la famille, préjudices esthétiques et répercussions sociales à la suite par exemple d'une défiguration ou d'un handicap, traumatismes psychologiques à la suite d'un décès, etc.

Même si certains voient dans cette innovation un "miroir aux alouettes" (voir plus loin sur les limites de la GAV), le contrat GAV est présenté comme le premier contrat multirisque concernant la personne.

L'étendue de la garantie d'un contrat GAV

Les événements garantis

L'ensemble des événements soudains et imprévus, individuels ou collectifs, survenant hors de l'activité professionnelle de l'assuré et dus à des causes extérieures sont couverts par la garantie des accidents de la vie.

Sont ainsi concernés les dommages corporels ou le décès consécutifs à :

  • un accident domestique (chute, brûlure, intoxication, etc.),
  • un accident survenu dans le cadre des loisirs (sport, voyage, etc.),
  • une catastrophe naturelle (tempête, avalanche, tremblement de terre, etc.) ou technologique (effondrement d'un magasin, par exemple),
  • un accident médical (même si cette garantie est moins proposée actuellement du fait de la loi du 04.03.2002 relative aux droits des malades qui a mis en place, en la matière, une solidarité nationale),
  • un attentat ou à une infraction (explosion d'une bombe ou d'une voiture piégée, agression physique) à condition que la victime n'ait pas participé à l'attentat ou à une rixe.

Les accidents de la circulation et les accidents du travail sont exclus de la garantie des accidents de la vie, ceux-ci étant indemnisés par ailleurs. La GAV ne couvre pas non plus les frais médicaux pris en charge par la Sécurité sociale et les complémentaires santé.

Les personnes assurées

La garantie accident de la vie protège le souscripteur, son conjoint, son concubin ou partenaire lié par un PACS et leurs enfants fiscalement à charge. Sauf exception, toutes ces personnes doivent être âgées de moins de 65 ans pour être prises en charge.

L'étendue territoriale

L'assuré et sa famille sont couverts dans tous les pays de l'Union européenne et la Suisse sans limitation de durée de séjour, et dans le reste du monde, pour les séjours d'une durée inférieure à 3 mois.

Les conditions d'indemnisation

Indemnisation rapide et proportionnelle

Contrairement aux contrats d'assurance classiques, l'indemnisation est effectuée avant toute recherche de responsabilité. Son montant est déterminé par un expert qui évalue tous les aspects de l'accident : les dommages physiques bien sûr, mais aussi les conséquences sur la vie professionnelle, la vie familiale et personnelle.

L'indemnisation n'est pas fixée forfaitairement, ce qui empêche de connaître réellement son montant au moment de la souscription du contrat. En effet, l'indemnisation est proportionnelle au préjudice subi. Elle peut prendre la forme d'un versement en capital ou d'une rente notamment en cas de décès.

L'assureur est tenu de proposer un montant d'indemnité au plus tard dans les 5 mois suivant la déclaration d'accident ou de décès de l'assuré ou d'un de ses ayants droit. La victime (ou ses ayants droit) doit alors se prononcer sur l'offre qui lui a été faite. Les sommes sont alors versées dans le mois suivant l'accord de la victime ou de ses ayants droit.

Indemnisation en cas d'incapacité permanente et partielle (IPP)

Bon à savoir

Certains assureurs ont relevé le plafond d'indemnisation et la plupart des contrats proposent deux ou trois seuils d'activation de la GAV (5 %, 10 % et 30 % d'IPP).

Le cadre commun de la GAV prévoit une indemnisation plafonnée à 1 million d'€ en cas d'incapacité permamente et partielle au moins égale à 30 %.

Les préjudices physiques sont évalués selon un barème commun aux assureurs. L'indemnité tient compte des conséquences de l'accident sur la vie professionnelle et sur la vie personnelle (préjudice esthétique, préjudice d'agrément, souffrances endurées, etc.).

Cela étant, l'objectif de la GAV n'est pas d'enrichir la personne assurée. Même si certains cumuls d'indemnisation sont possibles, notamment avec les contrats individuels accidents, l'indemnisation de la GAV tient compte, de manière générale, des prestations dont peut bénéficier l'assuré par ailleurs (Sécurité sociale, complémentaire santé, assurance décès, etc.).

Indemnisation en cas de décès

La GAV couvre les préjudices économiques, mais aussi moraux ou psychologiques subis par les bénéficiaires. Ces préjudices sont évalués en fonction de la nature de l'accident, de son impact sur la personne et plus généralement sur le niveau de vie du foyer.

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Les limites de la GAV

Même si le contrat GAV repose sur un socle commun à tous les assureurs, l'offre en la matière n'est pas exempt de particularismes et de spécificités. C'est bien sûr au niveau de toutes garanties supplémentaires, prestations annexes et autres services que s'exerce la concurrence entre compagnies. Et déjà, pour certains observateurs, le socle de base de la GAV, sensé apporter plus de lisibilité à l'assuré sur le contenu du contrat qu'il souscrit, est un peu noyé.

Malgré l'abondance de prestations supplémentaires, il existe encore quelques exclusions notables à toute prise en charge. Ainsi, par exemple, on peut noter que, pour la plupart des contrats, passé l'âge de 65 ans (voire 60 ans), il vous sera plus possible de souscrire un tel contrat. En outre, pour certains assureurs, la garantie ne jouera plus après 75 ans. Par ailleurs, certains risques ne sont généralement pas pris en compte sauf quelques exceptions et généralement avec majoration de prime (ex. : pratique de sports dangereux, accidents cardiovasculaires et cérébraux).

Contentieux autour des notions d'incapacité et d'invalidité

Incapacité / invalidité des assureurs :
les taux des assureurs
Séquelles Taux
Perte d'un doigt 5 %
Perte d'un genou (prothèse) 10 %
Perte de la vision d'un oeil 20 à 25 %
Paralysie du visage 15 à 20 %
Perte d'un pied 30 %
Perte d'une jambe 25 à 30 %
Perte de la main droite (pour un droitier) 40 à 50 %
Perte du bras droit (pour un droitier) 65 %
Perte totale de l'audition 60 %
Cécité 85 %
Tétraplégie 95 %
Source : FFSA

Le principal reproche à l'encontre de la GAV, notamment de la part d'organismes de défense des consommateurs, concerne essentiellement les notions d'accident, d'incapacité et d'invalidité.

Il n'existe aucune définition légale en la matière et les différences de définition (essentiellement entre assureurs et organismes sociaux) est un problème récurrent à l'origine de nombreux contentieux portés en justice. Les assureurs ont fixé leur propre barème de l'incapacité permanente et partielle qu'il convient de ne pas ignorer avant de souscrire un contrat GAV.

Nous l'avons vu, le socle de la GAV prévoit une indemnisation en cas d'incapacité permanente égale à 30 %, ce qui suppose, chez les personnes assurées des séquelles graves. Les gros accidents n'arrivent pas qu'aux autres, mais la prise en charge de l'incapacité permamente écarte de ce fait les "petits bobos", même s'ils handicapent de façon temporaire. Certes, dans la pratique, les assureurs ont réduit à 10 %, voire 5 %, le taux à partir duquel leur contrat entre en application (ce taux s'apparente de fait à une franchise), mais l'assuré devra s'acquitter d'une prime souvent beaucoup plus chère. Certains professionnels ont peur de l'effet "promesse extraordinaire" du contrat GAV qui pourrait finalement décevoir et mécontenter le consommateur lorsque celui-ci prendra vraiment conscience des différents cas d'exclusions.

Le coût d'un contrat GAV

Selon des chiffres de la FFSA et divers bancs d'essai parus dans la presse, la cotisation moyenne annuelle à un contrat GAV est d'environ 115 € pour une personne seule avec un seuil d'intervention (taux d'incapacité permanente) à 30 %. La cotisation augmente de 30 à 60 € pour un seuil d'intervention abaissé à 10, 5 ou 1 %. Dans tous les cas de figure, elle est quasiment doublée pour un contrat familial.

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