| Les modalités de départ ou de mise à la retraite d'un salarié |
Le départ à la retraite d'un salarié relève soit de son initiative, soit d'une décision de l'employeur. Dans les deux cas, c'est l'âge qui va conditionner le formalisme et les conditions du départ. Cependant, le salarié mis à la retraite percevra une indemnité plus élevée que s'il prend l'initiative de prendre sa retraite. Départ décidé par le salarié : libre choix Le salarié bénéficie d'une relative liberté pour le choix de la date de son départ à la retraite. A quel âge ? Le salarié peut décider de partir à la retraite dès que son âge lui permet de faire liquider ses droits acquis au titre du régime général d'assurance-vieillesse. Pour autant, cet âge dit "légal" ne l'oblige pas à donner son congé à son employeur et ce dernier ne peut pas le contraindre à le faire : la mise à la retraite d'un salarié de moins de 70 ans est assimilable à un licenciement. L'âge légal de départ à la retraite :
Des situations particulières permettent, sous certaines conditions, un départ anticipé à la retraite, avant l'âge légal :
Procédure à respecter Le salarié doit informer l'employeur de son intention de partir à la retraite. Sauf dispositions prévues par une convention collective ou un contrat de travail, le Code du travail n'impose aucun formalisme particulier. Le salarié est néanmoins tenu de respecter un préavis. De ce fait, il a tout intérêt à officialiser sa décision par écrit afin d'attester la date de début du préavis. Sauf dispositions conventionnelles ou contractuelles, le préavis à respecter est :
Quelle indemnité ? Sauf dispositions conventionnelles ou contractuelles plus favorables, le départ volontaire à la retraite donne droit à une indemnité égale à :
La rémunération prise en considération est le montant du salaire brut, prime(s) incluse(s), perçu au cours des 12 mois précédant le départ, ou 1/3 des 3 derniers mois si la formule est plus avantageuse pour le salarié. Régimes social et fiscal L'indemnité est assujettie aux cotisations sociales au même titre que le salaire, ainsi qu'à la CSG et à la CRDS. Elle est soumise en totalité à l'impôt sur le revenu au titre des traitements et salaires également. Si le départ volontaire à la retraite s'effectue dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), l'indemnité perçue est :
Mise à la retraite décidée par l'employeur : liberté totale après 70 ans La loi autorise l'employeur à mettre à la retraite uniquement les salariés âgés d'au moins 70 ans. Avant cet âge, deux cas de figure peuvent se présenter :
Comme pour l'âge légal, l'âge du "taux plein", qui permet de ne plus subir de décote en cas de trimestres manquants, est progressivement relevé. Il est :
Pour apprécier la condition d'âge du salarié, l'employeur doit se placer à la date de cessation envisagée du contrat de travail.
À partir de 65 ans (à terme, 67 ans pour les générations nées à compter de 1955) et jusqu'à 70 ans (cet âge pivot n'est pas relevé), l'employeur qui souhaite mettre son salarié à la retraite doit l'interroger par écrit, dans un délai de 3 mois avant son anniversaire, sur son intention de quitter volontairement l'entreprise. Le salarié dispose de 1 mois pour répondre. Tout silence vaut en principe acceptation de la proposition de mise à la retraite (sous réserve de l’appréciation souveraine des tribunaux). L'employeur a donc tout intérêt à demander au salarié de répondre par écrit. Si la mise à la retraite devient effective, l'employeur est tenu de respecter le préavis. Il est identique à celui du salarié (1 ou 2 mois selon l'ancienneté). Une indemnité supérieure à celle perçue lors d'un départ volontaire Le salarié mis à la retraite a droit au moins à l'indemnité minimale légale qui équivaut à :
Les conventions collectives, accords collectifs ou contrats de travail peuvent prévoir une indemnité supérieure. Régimes social et fiscal : large exonération L'indemnité perçue à l'occasion de la mise à la retraite est exonérée de cotisations sociales, dans la limite maximale de 2 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (75 096 € en 2014), à hauteur du plus élevé des 3 montants suivants :
Elles est exonérée de CSG et de CRDS dans la limite du montant prévu normalement dans la convention collective, l'accord de branche, ou à défaut le Code du travail, dans la limite de 75 096 € en 2014 (2 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale). Concernant l'impôt sur le revenu, l'indemnité limitée au minimum conventionnel ou légal est exonérée. Si son montant est supérieur, l'exonération est limitée à hauteur du plus élevé des 3 montants suivants :
Ce qu'il faut retenir...
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