| Comptes bancaires inactifs, contrats d'assurance-vie non réclamés : les nouvelles obligations des professionnels |
Afin de mettre fin à une polémique qui n'a cessé d'augmenter au fil des années, la loi du 13 juin 2014 introduit toute une série d'obligations nouvelles ou plus importantes qu'auparavant à l'égard des banques et des assureurs destinées à améliorer le suivi des comptes bancaires inactifs et des contrats d'assurance-vie en déshérence. Les nouvelles dispositions, qui entreront en vigueur le 1er janvier 2016, obligent également banquiers et assureurs à verser les avoirs en déshérence à la Caisse des dépôts et consignations passé un certain délai. Obligations de recensement
Un compte bancaire - compte de dépôt, compte-titres ou compte d'épargne - sera considéré comme inactif :
Sur ce critère, les banques devront recenser chaque année les comptes inactifs ouverts dans leurs livres et publier le montant total des dépôts et avoirs inscrits sur ces comptes.
L'ensemble des sociétés et organismes d'assurances devront publier chaque année le nombre et l'encours des contrats d'assurance-vie non réclamés. Les assureurs devront préciser les démarches et le nombre de recherches effectuées au cours de l'année, ainsi que, le cas échéant, les sommes versées aux bénéficiaires à l'issue de ces démarches. Dans le même ordre d'idée, ils devront chaque année remettre un rapport à l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (APCR) et au ministère de l'Economie précisant le nombre et l'encours des contrats d'assurance sur la vie et des bons et contrats de capitalisation dont les capitaux ou les rentes dus n'ont pas été versés au bénéficiaire. Obligations d'information et de recherche
Par principe, dès lors qu'un compte sera considéré comme inactif, l'établissement bancaire devra, par tout moyen à sa disposition, en informer son titulaire, son représentant légal, la personne habilitée par lui ou, le cas échéant, ses ayants droit, et leur indiquer les conséquences de cette qualification. A cet égard, les banques seront tenues de consulter chaque année, sous certaines conditions qui seront fixées par décret, les données figurant au répertoire national d’identification des personnes physiques (RNIPP) afin de rechercher des titulaires éventuellement décédés.
Le relevé annuel d'information, qui doit être adressé au souscripteur par l'assureur, sera généralisé à tous les contrats d'assuance-vie. A l'heure actuelle, ce relevé, qui récapitule les caractéristiques essentielles du contrat (valeur de rachat, montant des capitaux garantis, etc.), n'est obligatoire que pour les contrats dont la valeur nette atteint 2 000 €. Pour les contrats dont la provision mathématique est inférieur à 2 000 €, l'assureur n'est tenu de communiquer ces informations que si le souscripteur le demande. Par ailleurs, un relevé d'information spécifique est créé pour les contrats comportant un terme. Il devra être adressé au souscripteur 1 mois avant la date du terme, puis de nouvau 1 an après si le souscripteur ne s'est pas manifesté. Comme les banques, les entreprises d'assurance et les institutions de prévoyance auront l'obligation de s'informer au moins une fois par an du décès éventuel de leurs assurés et des bénéficiaires des contrats d'assurance-vie. A cette fin, les organismes professionnels représentatifs seront également autorisés à consulter le RNIPP. Cette consultation sera en outre étendue aux bons ou contrats de capitalisation, à l'exception de ceux au porteur.
Transfert obligatoire à la Caisse des dépôts passé un certain délai
Les banques auront l'obligation de déposer à la Caisse des dépôts et consignations (CDC) les avoirs et dépôts figurant sur les comptes inactifs à l’issue d’un délai d’inactivité fixé à :
Le délai est de 10 ans pour les contrats d'assurance-vie ou de capitalisation non réclamés, ce délai ayant pour point de départ la date de prise de connaissance par l'assureur du décès de l'assuré ou l'échéance du contrat. Le dépôt devra intervenir dans le mois qui suit l'expiration du délai de 10 ans. 6 mois avant l'expiration de ce délai d'inactivité, banques et sociétés d'assurance seront à nouveau tenues d'informer, par tout moyen à leur disposition, de la mise en œuvre du transfert des avoirs vers la CDC :
Concernant les comptes bancaires, le transfert vers la CDC entraînera la clôture des comptes. Les banques devront publier dans leurs livres, chaque année, le nombre de comptes dont les avoirs ont été ainsi déposés à la CDC, ainsi que le montant de ces avoirs. Concernant les contrats d'assurance-vie, les assureurs devront transmettre à la CDC les informations nécessaires au versement des sommes au souscripteur ou au bénéficiaire du contrat parallèlement au dépôt des fonds. Les assureurs devront conserver ces informations jusqu'à l'acquisition de la déchéance au profit de l'Etat (voir plus loin), soit pendant 20 ans à compter du dépôt. De son côté, la CDC devra, dans le respect de la loi informatique et libertés, organiser une publicité appropriée de l'identité des souscripteurs des contrats dont les sommes ont fait l'objet d'un dépôt. Cette publicité vise à permettre aux souscripteurs et aux bénéficiaires de réclamer les sommes qui leur sont dues, en communiquant à la CDC les informations permettant de vérifier leur identité et de déterminer le montant des sommes qui leur reviennent.
Déchéance au profit de l'Etat Les sommes déposées à la CDC qui n’auront pas été réclamées par leurs bénéficiaires seront acquises à l’Etat à l’issue d’un délai de :
Les sommes d'un contrat d'assurance-vie déposées à la CDC et non réclamées par le souscripteur ou le bénéficiaire sont acquises à l'Etat à l'issue d'un délai de 20 ans à compter de la date du dépôt, soit en principe 30 ans à compter du jour où l'assureur a eu connaissance du décès de l'assuré ou de l'échéance du contrat. |
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