Les règles juridiques qui régissent l’organisation de la famille n’ont fait l’objet d’aucune harmonisation ou unification sur le plan européen. Les problèmes des conflits de loi sont réglés par la convention de La Haye, s’agissant du régime matrimonial des époux.
Il y a conflits de lois lorsque les législations de plusieurs États sont susceptibles de régir une situation juridique donnée. Il en est ainsi, notamment, pour définir la loi applicable au régime matrimonial de deux époux :
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Exemples de régimes matrimoniaux applicables dans les différents États | ||
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États |
Régime légal |
Principaux régimes conventionnels |
| France | Communauté réduite aux acquêts depuis le 01.02.66 (auparavant, communauté de meubles et acquêts) | communauté conventionnelle séparation de biens participation aux acquêts |
| Allemagne | Communauté différée des augments depuis le 01.07.58 (auparavant, séparation de biens) | communauté universelle communauté de biens continuée séparation de biens |
| Espagne | Communauté de biens (sauf dans certaines régions restant soumises à leur propre droit dit “floral”) | régime de participation séparation de biens |
| Italie | Communauté de biens depuis 1975 (auparavant, séparation de biens) | communauté conventionnelle séparation de biens fonds patrimonial |
| Royaume-Uni | Principe de la séparation de biens | Conventions de mariage donnant lieu à constitution d’un trust possible |
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La convention de La Haye du 14.03.78 :
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En la matière, il convient de distinguer deux cas :
Volonté exprimée par les époux
La volonté des époux constitue l’élément déterminant, les époux étant en effet libres de désigner, avant leur mariage et par contrat de mariage, la loi applicable à leur régime matrimonial.
Ce principe de la liberté des époux
Ainsi les époux ne peuvent-ils désigner que la loi d’un État :
Jusqu’à l’adoption de la loi du 28.10.1997, la France appliquait une interprétation restrictive de ce principe, en comprenant par “loi d’un État” le régime légal de ce dernier.
Or, depuis 1997, une interprétation extensive semble avoir été adoptée en comprenant par “loi d’un État” non seulement le régime légal, mais aussi l’un des régimes conventionnels prévus par la législation de cet État.
Les immeubles constituent un cas particulier. Malgré le principe de l’unicité du régime matrimonial, les époux peuvent en effet :
À défaut de choix des époux
Pour déterminer la loi applicable au régime matrimonial des époux mariés sans contrat, la convention de La Haye retient pour premier critère la première résidence habituelle des époux après le mariage, quelle que soit sa durée.
Par exception, la loi nationale commune des époux s’applique, mais uniquement dans certains cas : absence de résidence commune, notamment.
Enfin, lorsque les époux n’ont ni résidence commune ni nationalité commune, leur régime matrimonial doit être soumis à la loi de l’État avec lequel il présente les liens les plus étroits.
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Le problème des conflits de lois n’est évidemment susceptible de se poser que si les époux se sont mariés sans contrat.
Principe de l’autonomie de la volonté
Le problème des conflits de lois n’est évidemment susceptible de se poser que si les époux se sont mariés sans contrat.
Pour déterminer la loi applicable au régime matrimonial, le droit international privé retient, au nom du principe fondamental de la volonté, le critère du premier domicile matrimonial des époux.
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Principe de la “permanence” du régime matrimonial
En principe, la loi déterminant le régime matrimonial est fixée une fois pour toutes au jour du mariage. En la matière, peu importe qu’il y ait changement de domicile matrimonial ou de nationalité après le mariage.
Changement volontaire de régime matrimonial
Les couples mariés ont cependant la possibilité de modifier la loi jusqu’alors applicable à leur régime matrimonial, afin de l’adapter à un nouveau contexte patrimonial.
Peu importe qu’ils se soient mariés :
Les époux peuvent choisir :
Le changement de loi s’effectue par stipulation expresse, par écrit passé dans les formes d’un contrat de mariage, sans contrôle judiciaire.
La nouvelle loi s’applique :
En droit interne, cette possibilité pour les époux de changer de régime matrimonial pose des problèmes de publicité et d’opposabilité aux tiers (créanciers, par exemple), qui n’ont pas encore été résolus.
Changement automatique de régime matrimonial
Le changement automatique de régime concerne uniquement les couples mariés depuis le 01.09.1992, sans contrat de mariage ou n’ayant pas désigné la loi applicable à leur régime matrimonial.
Sauf opposition expresse des époux, la convention de La Haye prévoit ainsi la substitution automatique (mais sans effet rétroactif) de la loi de la résidence habituelle des époux à celle jusqu’alors applicable dans certaines situations. Tel est le cas, notamment, lorsque la résidence habituelle des époux a duré plus de 10 ans depuis leur mariage.
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